10 mai 2010

Le "Reportour"


80 jours autour du monde, tous frais payés, liaisons aériennes en Première, descentes dans des hôtels de luxe… ça fait rêver non ?

Et bien c’est l’opération marketing de France-Soir via le « Reportour ».
Un gros buzz médiatique réussi initié par l’agence « You to You » qui a déclenché une masse impressionnante de prétendants.
Faut dire, le programme semble alléchant.

 

reportour.jpg

L’opération se présente comme un CDD, de juin à août.

Les qualités requises sont la tenue d’un blog, de photos et de vidéos. Un plus : sourire.

C’est plutôt rigolo de voir les candidatures, les vidéos de certain(e)s : aaah oui parfois y’a du lourd !
Mais aussi des créatifs, de chouettes essais pour certains maîtrisant l’art de la vidéo autant que je maîtrise le bricolage, mais se démmerdant pour faire quelque chose de bien, d’original.

Alors comment ça marche ?
C’est simple, il suffit de voter et de faire marcher ses réseaux, se débrouiller pour qu’un maximum de gens vote.
Mais pas que.
Ceux ayant reçu le plus grand nombre de votes seront reçus en entretien à l’issue duquel un seul candidat sera retenu.

Quels sont les mieux côtés pour l’instant ?

Il y a le talentueux MonsieurDream, le Cyprien de l’Aude, qui caracole en tête, mais c’est normal car il a un énorme réseau via son Rewind de 20 minutes.
Il m’avait d’ailleurs devancé il y a 2 ans de cela sur un concours video soumis au vote des internautes, le scoopotron
Cyprien, j’aime bien, il fait de l’excellent boulot, c’est propre, c’est créatif, il ira loin.
Si il gagne, ce sera :
- surtout grâce à son énorme réseau qui amènera du flux sur France-Soir
- pour ses qualités de présentation
- pour sa capacité à éditer des vidéos en des temps très réduits
A moins qu’il ne se soit présenté dans l’unique but de relayer le buzz de France-Soir…


Mais ma faveur va plus à Romain, de « romainworldtour ».
Forcément.
J’aime beaucoup ce qu’il fait.
Il a une histoire personnelle derrière son tour du monde, un état d’esprit qu’il raconte: avant de partir, pendant et après. Cet esprit mêlé d’humilité, j’aime bien.
Et puis il fait de chouettes vidéos et écrit bien.
S’i il gagne ce sera :
- pour sa capacité d’adaptation/expérience : l’assurance d’aucune mauvaise surprise
- pour ses qualités rédactionnelles et de prises de vue
- pour son côté authentique de transmission de ressentis
- pour son réseau déjà existant et créé à l’occasion de l’opération, grandissant de jour en jour : France-Soir sera assurée d’un flux
Alors allez faire un tour du côté du profil de Romain sur le Reportour et n’hésitez pas à lui laisser un vote !

Résultats le 20 mai.


On a lu certaines critiques à propos de cette opération, comme quoi elle est trop marketing, qu’un tour du monde en 80 jours c’est trop court, que descendre dans des hotels de luxe ce n’est pas à l’image d’un vrai tour du monde… il faut que les détracteurs sachent que quoiqu’il arrive, quelqu’un partira le faire, ce tour du monde et que lui, il s’en foutra royalement de ces ragots quand il squattera un 5* et voyagera en Première…

 

edit de 22h38: Cyprien va abandonner, ça se sentait tout ça...

22 avril 2010

Eyjafjöll Part 3

Hier, nous sommes donc arrivés à Roissy.

Un monde fou, et on s'est même dit "oulala, là, on est mal barrés...".

Mais on s'y attendait, aussi.

Et on patiente, nous sommes sur liste d'attente. On tente vite fait voir s'il reste de la place, et grand bonheur, oui!!! On enregistre vite fait les bagages, et on court vers la porte d'embarquement, tels ben Jonhson, mais dopés à l'envie de fouler le sol jordanien...

Premier contrôle de passeport... c'est long... on court ensuite pour se diriger vers le terminal satellite, via un shuttle... on commence à se dire "merde, merde, on va être justes!!" et puis une fois arrivés au contrôle de bagages à main, j'entends l'affreux son du biiiiiip grave de leur machine sur nos billets: l'embarquement est terminé... le vol partira sans nous.

Alors là, énoooooorme déception! On y était presque, par chance on avait nos billets, et puis hop, le labyrinthe de Charles de Gaulle aura eu raison de nous...

Le pire, c'est qu'il fallait ensuite récupérer les sacs, partis dans les méandres des tapis de Roissy. Enorme queue au comptoir pour lancer une recherche, puis finalement récupérés une heure plus tard.

 

casino_aeroport.jpg
cette fois-ci, à Roissy, on a perdu

Alors arrive le douloureux moment de rentrer, retraverser Roissy, prendre le RER, puis le bus, avec nos sac où était inscrit sur le tag bagage "AMM", pour Amman.... c'est dur!

 

C'est dur, mais c'est le jeu. Tant pis. Il y en a qui ont perdu leurs seules vacances de l'année.

 

Alors oui, la vidéo de Londres sera prête pour la semaine prochaine, et c'est finalement "en famille" à Lille que nous atterrirons pour ce WE... en attendant l'escapade de mai au chaud, au soleil et dans une eau bleu turquoise....

 

 

 

20 avril 2010

Eyjafjöll Part 2

Nous sommes prêts, habillés, sacs bouclés, nous pensions éventuellement partir aujourd'hui vu que l'ensemble des vols longs courrier reprennent.

Tous, sauf un, celui d'Amman de 13h50.

Donc, hop, on reste une journée de plus à caliner Pépin et à avancer sur la vidéo de Londres.

Les suites? On retente une dernière fois demain, sinon, on va se rabattre sur une destination moins exotique mais qui pourrait être fort sympathique si notre soleil perdurait...

 

À suivre...

18 avril 2010

Eyjafjöll Part 1

Nous voici donc arrivés en Jordanie!

In extremis, nous avons pu partir ce dimanche, affretant un jet pour Amman. Nous nous sommes faufilés incognito au travers de la foule à Roissy.

Non, j'déconne.

Nous sommes bel et bien toujours à Paris, en attente d'avoir un peu plus de nouvelles sur la ré-ouverture des aéroports. Nous devions partir ce dimanche à 13h50, et nous nous fixons une date maximum pour partir: mercredi midi. Si d'ici là no news, alors la vidéo de Londres sera terminée plus vite que prévue...

 

À suivre...

15 avril 2010

Avril c'est du speed

Ca y est, c’est arrivé.
Et ça devait forcément arriver un jour ou l’autre !

Oui.
Je suis en retard.

Nous allons partir pour nos premières vacances de l’année (10 jours) en Jordanie le WE prochain alors que le clip de notre WE londonien (le WE dernier) n’est pas encore monté !
Hop, j’ai une vidéo de retard !
C’est moche !
Alors le clip Londres attendra notre retour, et le clip de Jordanie attendra que celui de Londres soit terminé…
Et le « court-métrage » de l’Inde attendra que le clip de Jordanie soit fini et le « court-métrage » de Jordanie attendra que celui de l’Inde soit terminé…
Tout en sachant, au milieu de ça, que la destination de mai est déjà fixée…

Ca nous fait un joli bazar et plein de boulot pour ce printemps !

Mais l’actualité maintenant, c’est la Jordanie.
Une deuxième fois, deux ans après.
Faut dire, j’avais eu un énorme coup de cœur.
Et devant le Khazneh à Petra, c’est bien des heures entières la bouche ouverte et les yeux émerveillés, que je pourrai passer.

 

petra2.JPG


Et la Jordanie c’est tellement chouette, un petit pays qui se fait très bien sac au dos, dans une atmosphère chaleureuse sur fond de muezzin.

Alors rendez vous début mai pour une vidéo londonienne qui va déchirer !


Ah, au fait, hier c’était la St Maxime.
Et ce qu’est formidable avec Claire, c’est que c’est tous les jours la St Maxime! 

28 décembre 2009

Les courses du WE

On en a pris plein la tête ce WE.
Oui, on a fait les fous pour 48h dans une ville qui est un vrai jeu vidéo, ici là:

DSC00255.JPG

Encore un merveilleux cadeau de Noël de Claire. 


Du coup, le retard commence à se faire sentir puisque le clip d'Inde du sud n'est même pas terminé, que Delhi va approcher à grand pas et que Zagreb clôturera un mois de janvier de folie!

En attendant (et avec de l'avance car avec les deux cochons d'Inde Thelma & Louise déjà installées et Pépin le lapin qui arrive demain, le temps va être sacré d'ici le 31!) je vous souhaite une demildis pleine de créativité, de fantaisie et de voyages!

Et comme on dit là-bas:  明けましておめでとう !!

06 mars 2009

I love these games

Alors les deux sont ouverts à tous.
Si si.

Le premier.

Ca se passe sur le site de Voyage.
Mais si, vous connaissez.
La chaîne du câble.
Celle qui nous donne le bourdon et envie de repartir dès qu’on la regarde.
Ici là.

Ils organisent un concours de vidéos de voyages.
Et pour gagner quoi ?
Une machine à laver neuve.
Un voyage pardi!
Et pour deux en plus.
Destination au choix.
Beauvais ou Wellington.
Comme vous voulez.
Avec l’aller.
Et même le retour !

Alors bien sûr, j’y ai mis certaines de mes vidéos hein.
Ben oui, on ne sait jamais…

avion gamin.jpg

Le deuxième.

Cette fois-ci, ça se passe sur le site de Géo.
Ici.
Le joli magazine aux reportages qui nous donnent le bourdon et envie de repartir dès qu’on les regarde.
Ils organisent un autre concours : envoyer un reportage (photos et récit).
Si tu ne fais pas de vidéos de voyage, ça te laisse toutes tes chances.
Et pour gagner quoi ?
Le DVD Collector Unplugged de Daniel Guichard enregistré en mars 1984 à la salle karaoké du bar « La Mouchette d’argent » du camping de Perpezac-le-Noir en Correze.
Un autre voyage pardi !
Et pour deux encore.
Destination au choix.
Gif sur Yvette ou Tokyo.
Comme vous voulez.
Avec l’aller.
Et le retour aussi je crois.
Enfin faut que je regarde, je ne suis pas sûr.

Là bas, tu vas pouvoir raconter le récit de ton voyage « barroud » pieds nus en roller à roue en velcro sur la neige à travers l’Amérique Centrale, du Nicaragua à la Belgique avec comme seul argent une fausse pièce d’un euro importée du Nigeria en mars 1995.
Tu y ajoutes une photo de toi aux prises avec un lémurien enragé à griffes en inox en train de te piquer tes rollers sur fond d’un volcan à 7000m en éruption, avec tes cernes du réveil d’une nuit passée dans le duvet troué qui t’a sauvé la vie face au blizzard du Groenland lors ton précédent trek, et là, tu gagnes.
Facile, non ?


Alors bien sûr, je vais y mettre un reportage aussi hein.
On ne sait jamais…


A vous!






Bon, après.
Faut juste espérer, si on gagne, que l’avion arrive à bon port...

avion encastré2.jpg

 


26 août 2008

Mon Iran, en mille mots

Téhéran, 11 mars 2008, 22h10.

Une fois l'avion posé, le décor était planté.

«
Nous sommes désormais en République islamique d’Iran.
Nous vous rappelons que l’alcool est interdit.
Et que le port du voile est obligatoire pour les femmes.
»

Au départ de Paris, sans doute 95% des femmes iraniennes ne portaient pas le voile.


Téhéran, 20 mars 2008, 01h00.

Je rentre pour Paris.
J’entre dans l’appareil.
Autour de moi, toutes les femmes sont voilées.
Je m’installe.

Nous sommes dans l’avion, désormais en zone internationale.
Cinq minutes plus tard, 95% des femmes iraniennes auront jeté le voile.




Voilà.
En deux moments clés.
L’atmosphère culturelle actuelle iranienne est posée.


L’Iran.

Un berceau du monde.
De notre civilisation.
De l’Empire de Babylone à celui des Perses.
Non loin de l’origine de l’écriture.
Aux mosaïques les plus extravagantes.
A l’architecture époustouflante.
Au peuple à l’hospitalité inégalée.
Le cœur sur la main.

Je me souviens.

J’arrive.
Tard.
Minuit.
Dans Téhéran.
Avec le Lonely Planet de 2004.
Devant l’adresse où mon auberge n’existait plus.
En fin de compte.
Alors le taxi me laisse.
Je marche.
Me dis que je vais faire comme en Syrie le premier soir, me trouver un trottoir confortable.
Et deux policiers à moto s’arrêtent.
Kalachnikov à la main.
«
Il ne faut pas traîner seul à cette heure-ci avec vos sacs. Venez avec nous.
»
Et me voici.
Arrivé dans une auberge.
Escorté.
Amir Kabir street.
Où on m’accueillera comme un fils.
M’offrira le thé.
Des pâtisseries.


C’est bien là-bas.
En Iran.
Que je n’ai jamais autant rencontré de monde.
Qu’on n’est jamais autant venu vers moi.
Me voir.
Me parler.
M’inviter.
M’offrir.
Me sourire.

On ne reste pas indifférent à ce peuple.
A ces gens.
Qui vous regardent.
Parfois avec amusement.
Parfois avec intérêt.
Parfois avec plaisir.
Parfois avec envie.
Et d’autre fois avec tristesse.
Oui.

Là-bas, ces gens, ces Marjane Satrapi, à chaque coin de rue on les croise.
Ces hommes.
Ces femmes.
Qui rejettent la révolution islamique de la fin des années 70.
Portent sur eux le refus de se plier aux règles de cette révolution.
Discrètement.
Intrinsèquement.

Ces femmes, habillées à l’occidentale, avec leur léger foulard sur les cheveux qui glisse inexorablement vers leur nuque.
A la beauté qui n’est plus à prouver.
Au regard « persan » et charmeur.

Ces hommes, qui viennent vous voir.
Vous parler.
De politique.
De religion.
Et qui crient.
D’être tenus par le gouvernement.
Aucune liberté.
Et lorsqu’ils vous racontent :
«
Tu sais, vous les occidentaux, tout ce que vous racontez dans vos médias au sujet de l’Iran, et bien vous ne vous trompez pas. Tout est vrai…
»
De glace.
On est glacé.

Sept iraniens sur dix sont déprimés.
C’est triste.
Car ils sont tellement intelligents.
Tellement chaleureux.
Tellement ouverts.
Attachés à leur culture.

Le cœur sur la main.
Encore et toujours.
Malgré tout.

Je rencontrerai Heidar.
A peine vingt ans.
Sous le calme apparent de ce garçon se cachait de la colère.
Heidar était monstrueusement cultivé.
Il parlait le français.
L’anglais.
Friand d’histoires occidentales.
Il n’avait qu’une idée en tête.
Fuir l’Iran.

Il voulait être journaliste.
Et je le revois.
Me raconter son histoire.
La sienne.
Celle de sa famille.
De son oncle emprisonné.
Et sa colère.
Colère envers son gouvernement.
Qui tient les rênes de tout son peuple.

Oui.
Seulement quelques personnes tiennent un peuple tout entier.
C’est bien ça le plus triste.
Heidar, c’est sa détresse qui m’a marqué.

Ce sont ces personnes que l’on croise.
Qui nous apprennent de nouvelles choses.
Avec du plaisir, de l’envie.

En Mauritanie, j’avais appris que.
« La connaissance est une fortune qui n’appauvrit pas celui qui en offre ».
Ici, en Iran, ces gens prennent plaisir à partager cette fortune.
Ca se voit.
Ca se sent.
Et ils n’en sont pas avares.
Et restent intègres.
Et humbles.

Alors là-bas.
On savoure.
De se promener dans les rues de Shiraz, au sud, dans ses allées parsemées de roses, à l’atmosphère douce et se savoir à quelques kilomètres de Persepolis.
De ne croiser quasiment aucun occidental.
Dépaysement total.

De découvrir la place de l’Imam d’Ispahan et d’y faire des rencontres extraordinaires.
De se faire prendre en photo par trois iraniennes amusées qui voudront tout savoir sur nos modes de rencontres hommes/femmes chez nous, en occident.
De déambuler dans les rues si bruyantes et animées de Téhéran.
De jouer à se faire peur, en prenant un bus à la gare routière d’Ispahan à 23 heures, là où deux mois auparavant un touriste français s’est pris une balle dans la tête.
D’écouter des heures entières les iraniens revendiquer haut et fort leur identité perse.
Et non arabe.

De se délecter des saveurs de mets iraniens.
D’aimer surprendre un jeune couple se prendre la main en se cachant de regards inquisiteurs.
De découvrir une pancarte Ikéa alors que trois jours auparavant on était en Suède.
De ressentir combien les moments passés ici complètement isolées, il y a quelques années, durent être affreux pour des personnes comme Betty Mahmoudi.
De se faire chérir par les gérants d’auberges.
De rencontrer un ou deux autres occidentaux, la tête retournée également par ce pays et ses richesses.
De s’enfoncer de plus en plus dans le cœur du pays et voir davantage de visages s’ouvrir.

Et de marcher.
Marcher.
Et encore marcher.
De jour.
Comme de nuit.

A la recherche d’authenticité.
De perte de repères.
D’être balancé.
Amusé.
Paumé.
Lâché.

Libre.




Mais pas eux.

23 juillet 2008

Solidarité sud-américaine

«
- Chef, nous devons recruter expressément !
- Quoi ?? Comment oses-tu ! Comment oses-tu me déranger en pleine séance de suivi de retrouvailles en salle de débarquement de l'aéroport de Kuala Lumpur entre une jeune expatriée chilienne et son fiancé brésilien?
- Chef, il y a vraiment urgence ! le contrat du chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine » arrive à son terme.
- Mais il nous emmerde lui! Laisse-moi en paix au moins deux minutes! Et puis de toute manière, ça fera du bien pour tout le monde ça! Et là, j'ai une séance d'étreinte vieille de plus de six mois à suivre!
- Bon, très bien. Mais vous savez ce que ça veut dire !
- Oui oui, je sais! Prépare moi les CV, et file, et ne me dérange plus! Je m'occuperai de ça plus tard! Ah mais!
»

Dieu marmonnait dans sa barbe blanche.
Oui.
Il était à la tête de la plus grande entreprise n'ayant jamais existé.
La vie.

Il manageait des millions de chefs de projets.
Ces derniers étaient chargés, à chaque instant, de provoquer ce dont pourquoi ils avaient été recrutés.
Le rythme était dur.
Du coup, il constatait un énorme turnover auprès de ses chefs de projets.
Ils devaient, chaque seconde, dans le monde, s'attacher à leur mission.
Toute personne.
Toute couleur.
Tout pays.
Tous âges.

Le chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine » n'avait pu tenir que quelques jours.
Les millions de disputes avaient eu raison de lui.
Dix disputes par centième de secondes.
Le rythme était trop effréné.

Et tous, enviaient certains postes.
Dont le chef de projet « biiiiip censuré ».
Et puis le chef de projet « Bébés ».
Oui, lui, il avait la belle vie, car chaque seconde, il donnait la vie.
Chaque seconde... ce qui restait néanmoins un rythme de fonctionnaire paradisiaque.

Les séances de retrouvailles, d'étreintes, étaient celles qu'il préférait entre toutes.
Bien sûr, sa fonction de chef suprême lui imposait parfois d'assister à des séances de cyclones.
De tremblements de terres.
De guerres.
D'éruptions.
D’épidémies.
Entre autres.
Il devait aussi y assister.
C’était le jeu.
Car.
C'était aussi dans son contrat.
A lui.

Mais cette séance de retrouvailles entre la chilienne et le brésilien lui tenait particulièrement à coeur.
Tous ses chefs de projets mêlés à cette histoire avaient bien travaillé.
Il en était content.
Fier.
Le chef de projet « Communication épistolaire » s'était démené.
Le chef de projet « Téléphone en panne » fut brillant par moments.
Le chef de projet « Larmes » s'est surpassé.
Le chef de projet « Souvenirs », comme à son habitude, s'est accroché.
Le chef de projet « Je pète un plomb » s'est fait remarquer.
Le chef de projet « Avion raté » n'a pas manqué une miette.
Et.
Le chef de projet « Retrouvailles » a su manager tout ce petit monde avec brio.

Clap Clap Clap.
Bravo.
Dieu applaudissait.
Il souriait.
Touchait sa longue barbe, signe de plaisir.
De voir ces deux jeunes petits se retrouver.
Avant de se re-séparer.
Oui.
Car le chef de projet « Ecoute je me plais ici, va falloir décider, et puis j'ai changé » fera des siennes.
Mais plus tard.
Laissons-les un peu respirer quand même.
Séparés si longtemps!

Dieu était content.
De si belles étreintes.
Qu'il en avait oublié son chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine ».
L'espace de quelques secondes.
Juste le temps d'assister à cette scène.

Oui.
Grâce à notre chilienne et notre brésilien, ce sont bien vingt-neuf secondes de passées sans chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine ».
Dix à chaque centième.
Mille à chaque seconde.
Vingt-neuf mille disputes annulées.

Et parmi ces vingt-neuf mille, la probabilité est que un pour cent ait été cruciale.
C'est à dire deux cent quatre-vingt-dix disputes qui auraient mal tourné.
Donc deux cent quatre-vingt-dix drames évités.
Donc deux cent quatre-vingt-dix familles toujours ensemble. Réunies.

Si nous rapportons alors cela à notre France.

Notre planète compte sept milliards de personnes.
Notre France compte soixante millions de personnes.
Pour deux cent quatre-vingt-dix drames évités dans le monde.
Donc deux virgule cinq familles françaises concernées.
Donc deux familles normales.
Et puis une monoparentale.

Chef de projet « Statistiques et prises de tête » :
- C'est bon Maxime, ton calcul tient la route pour l'instant.

Merci.
Et sans doute, que vous, moi, via les racines de nos réseaux étendus, connaissons-nous au moins une de ces familles?
Regardez:
Puisque nous nous « connaissons » tous via les réseaux sociaux tentaculaires du type Facebook.
Et puisque l'adage est « l'ami de mon ami est mon ami » ou plutôt, aurait tendance aujourd'hui à être « je cherche à ce que l'amiE de mon ami devienne mon amiE ».

Chef de projet « Je nique poke via Facebook »:
- Ah ah, plutôt perspicace le Maxime!

Donc, nul doute que l'un d'entre nous ait connaissance d'une de ces familles.
Alors toi.
Ou vous.
Si je te vouvoie.
Vous, qui connaissez une de ces familles, tu es chargé d'une mission auprès d'elle.
Oui.
Tu vas dire à cette famille de retrouver la chilienne et notre ami brésilien.
Et vite.
Avant que notre chilienne ne se fasse emmerder par le chef de projet « Ecoute je me plais ici, va falloir décider, et puis j'ai changé » et que tout ça soit effacé, n’ait pas lieu.
Oui, il est encore temps.

Alors vous faites ce que tu veux :
Tu prends.
Un papier et un stylo.
Un clavier et un écran.
Un billet et un avion.
Et vous contactez notre chilienne pour éviter qu'elle ne fasse une bêtise.

Chef de projet « Causes perdues »:
- Héhé... Oui oui, c’est ça...


Ah mais !
Chef de projet « Causes perdues », tu as déjà assez affaire avec Mélanie.
Alors laisse-nous deux minutes, tu seras mignon.



21 juillet 2008

What else?

Y a-t-il vraiment des règles?
Doit-on obéir?
Suivre une règle?
Un comportement?

Comment s'occupe-t-on?
Y a-t-il des formes pré-définies d'occupations?
Et celui qui pense.
Oui, celui qui pense éternellement, lui, s'occupe-t-il?
Est-ce que penser est s'occuper?

Je suis direction Genève
Voiture dix-sept.
Mais pas de bol.
Un groupe de jeunes est là aussi.
« Camps Jeunes ».
De huit.
A douze ans.
Turbulents.
Ils hurlent.
Et ça se lit.
Dans leurs yeux.
Sur leur visage.
Qu'ils ne sont pas du seizième.

Et puis.
Il y a Georges Clooney.
Enfin son sosie.
Face à moi.
Le même regard.
La même élégance.
Le même poivre.
Le même sel.
Mais pas le même.
Nom.
La monitrice délaisse l'espace de quelques secondes son attention de ses loulous.
Une fois. Deux fois. Trois fois.
Je ne compterai plus.
Sans doute espère-t-elle que ses yeux de biche soient chassés par ceux de Georges.
Clooney.
Et non Guy.
Sans doute.

Je le prendrai en flagrant délit.
Lui.
A deux reprises.

Elle, elle occupe.
Son attention.
Double attention.
De ses loulous.
De son Georges.
C'est connu, les femmes maîtrisent le multitâches.

Georges, lui, il macbooktise.
Que fait-il?
Je ne sais.
Alors forcément, je m'imagine.
Qu'il fait un compte-rendu de réunion sur l'activité d'une entreprise de caoutchouc.
Ou.
Qu'il regarde un DVD de OuiOui.
Ou.
Qu'il ré-organise ses fichiers.
Ou.
Qu'il fait un Super Sudoku.
Ou.
Qu'il regarde les photos de ses dernières vacances à La Bourboule où il a voulu régénérer son capital soleil.
Ou.
Que sa machine est éteinte et qu'il se regarde dans le reflet de l'écran pour vérifier son grain de peau et être au top quand la monitrice le dévisagera pour la vingt-deuxième fois.

Quant à moi, j'observe.
Elle.
Lui.
Et puis elle, cette dame là.
A côté de moi, qui ne lâche pas ses mots fléchés.
Et qui m'a lancé des yeux noirs lorsque je lui ai dit que paratonnerre prenait deux « r ».
N'empêche que.
Elle a effacé.

Quant à moi, j'écoute.
Deux petits loulous derrière moi.
Ils ne se connaissaient pas.
Et désormais, se connaissent.
Oui, l'un a proposé un chewing-gum à l'autre.
Et il y a eu ces répliques, à la suite.
Sorties sur un air détaché.
« 
- Eh, regarde, y'a des nuages!
- C'est quoi des nuages?
- De la fumée
»
Et puis surtout.
« 
- T'as un père toi?
- Non. Juste une maman. Mon père j'le vois pas. Ma mère c'est le soleil, mon père la nuit.
»
Huit ans.
Pas plus.
Le sans père.

Quant à moi, je ne fais rien.
Matériellement.
Oui, mes mains ne sont pas occupées.
A ce moment.

Alors serait-ce donc ça, être occupé?
Etre occupé serait-ce être réduit à avoir les mains occupées?

Réfléchissons.
Si vous êtes occupés, c'est donc que vous faîtes quelque chose.
Avec vos mains.

Lire?
C'est être occupé.
Des yeux.
Et des mains, à tourner les pages.

Oui mais non.
Car regarder la télévision, c'est être occupé.
Avoir l'esprit occupé.
Donc.
Réfléchir.
Penser.
Avoir l'esprit occupé, c'est être occupé.

Mais si on me demande ce que j'ai fait tel jour.
Et que je réponde que j'ai réfléchi à l'ombre d'un poirier du jardin Catherine Labouré.
Alors on me rétorquera que j'ai glandé.

Alors oui.
C'est injuste.
Car je préfère attraper un « Ma mère c'est le soleil, mon père la nuit » plutôt que d'écrire paratonnerre avec un seul « r » et foutre en l'air une grille de mots fléchés.

Et qu'y a-t-il de mieux?
Penser ou s'activer?
L'un est-il mieux que l'autre?
L'un est-il mieux vu que l'autre?

Quoiqu'il en soit.
J'ai.
Observé.
Ecouté.

Et écrit.
Mais en cachette.
Taille six.
Et couleur verte.
Oui, la monitrice a beau avoir des yeux de biche, les miens sont de chat.
Pour ne pas que ma voisine ne me lise.
Qu'elle reste concentrée sur son paratonneRe.
Car je n'aime pas que des intéressés lisent ce que j'écris.
Sur eux.
Normal.
Oui oui voisine, j'ai écrit sur vous.
Vous et votre regard noir.
- Je prends des risques là -
Vous et votre silhouette de Karen Mulder.
Avec non loin d'un demi quintal supplémentaire.

Bref.
Finalement.
En y repensant, j'étais occupé.



« 
- Wé Max, TT OQP!
- Kévin?? Encore toi? Fous-moi le camp! Allez!! Pas vrai d'voir ça!! Non mais!
»




Photo0038.jpg
What else?

Toutes les notes