28 décembre 2009
Les courses du WE
On en a pris plein la tête ce WE.
Oui, on a fait les fous pour 48h dans une ville qui est un vrai jeu vidéo, ici là:
Encore un merveilleux cadeau de Noël de Claire.
Du coup, le retard commence à se faire sentir puisque le clip d'Inde du sud n'est même pas terminé, que Delhi va approcher à grand pas et que Zagreb clôturera un mois de janvier de folie!
En attendant (et avec de l'avance car avec les deux cochons d'Inde Thelma & Louise déjà installées et Pépin le lapin qui arrive demain, le temps va être sacré d'ici le 31!) je vous souhaite une demildis pleine de créativité, de fantaisie et de voyages!
Et comme on dit là-bas: 明けましておめでとう !!
Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0)
06 mars 2009
I love these games
Alors les deux sont ouverts à tous.
Si si.
Le premier.
Ca se passe sur le site de Voyage.
Mais si, vous connaissez.
La chaîne du câble.
Celle qui nous donne le bourdon et envie de repartir dès qu’on la regarde.
Ici là.
Ils organisent un concours de vidéos de voyages.
Et pour gagner quoi ?
Une machine à laver neuve.
Un voyage pardi!
Et pour deux en plus.
Destination au choix.
Beauvais ou Wellington.
Comme vous voulez.
Avec l’aller.
Et même le retour !
Alors bien sûr, j’y ai mis certaines de mes vidéos hein.
Ben oui, on ne sait jamais…

Le deuxième.
Cette fois-ci, ça se passe sur le site de Géo.
Ici.
Le joli magazine aux reportages qui nous donnent le bourdon et envie de repartir dès qu’on les regarde.
Ils organisent un autre concours : envoyer un reportage (photos et récit).
Si tu ne fais pas de vidéos de voyage, ça te laisse toutes tes chances.
Et pour gagner quoi ?
Le DVD Collector Unplugged de Daniel Guichard enregistré en mars 1984 à la salle karaoké du bar « La Mouchette d’argent » du camping de Perpezac-le-Noir en Correze.
Un autre voyage pardi !
Et pour deux encore.
Destination au choix.
Gif sur Yvette ou Tokyo.
Comme vous voulez.
Avec l’aller.
Et le retour aussi je crois.
Enfin faut que je regarde, je ne suis pas sûr.
Là bas, tu vas pouvoir raconter le récit de ton voyage « barroud » pieds nus en roller à roue en velcro sur la neige à travers l’Amérique Centrale, du Nicaragua à la Belgique avec comme seul argent une fausse pièce d’un euro importée du Nigeria en mars 1995.
Tu y ajoutes une photo de toi aux prises avec un lémurien enragé à griffes en inox en train de te piquer tes rollers sur fond d’un volcan à 7000m en éruption, avec tes cernes du réveil d’une nuit passée dans le duvet troué qui t’a sauvé la vie face au blizzard du Groenland lors ton précédent trek, et là, tu gagnes.
Facile, non ?
Alors bien sûr, je vais y mettre un reportage aussi hein.
On ne sait jamais…
A vous!
Bon, après.
Faut juste espérer, si on gagne, que l’avion arrive à bon port...

Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0)
26 août 2008
Mon Iran, en mille mots
Téhéran, 11 mars 2008, 22h10.
Une fois l'avion posé, le décor était planté.
«
Nous sommes désormais en République islamique d’Iran.
Nous vous rappelons que l’alcool est interdit.
Et que le port du voile est obligatoire pour les femmes.
»
Au départ de Paris, sans doute 95% des femmes iraniennes ne portaient pas le voile.
Téhéran, 20 mars 2008, 01h00.
Je rentre pour Paris.
J’entre dans l’appareil.
Autour de moi, toutes les femmes sont voilées.
Je m’installe.
Nous sommes dans l’avion, désormais en zone internationale.
Cinq minutes plus tard, 95% des femmes iraniennes auront jeté le voile.
…
Voilà.
En deux moments clés.
L’atmosphère culturelle actuelle iranienne est posée.
L’Iran.
Un berceau du monde.
De notre civilisation.
De l’Empire de Babylone à celui des Perses.
Non loin de l’origine de l’écriture.
Aux mosaïques les plus extravagantes.
A l’architecture époustouflante.
Au peuple à l’hospitalité inégalée.
Le cœur sur la main.
Je me souviens.
J’arrive.
Tard.
Minuit.
Dans Téhéran.
Avec le Lonely Planet de 2004.
Devant l’adresse où mon auberge n’existait plus.
En fin de compte.
Alors le taxi me laisse.
Je marche.
Me dis que je vais faire comme en Syrie le premier soir, me trouver un trottoir confortable.
Et deux policiers à moto s’arrêtent.
Kalachnikov à la main.
«
Il ne faut pas traîner seul à cette heure-ci avec vos sacs. Venez avec nous.
»
Et me voici.
Arrivé dans une auberge.
Escorté.
Amir Kabir street.
Où on m’accueillera comme un fils.
M’offrira le thé.
Des pâtisseries.
C’est bien là-bas.
En Iran.
Que je n’ai jamais autant rencontré de monde.
Qu’on n’est jamais autant venu vers moi.
Me voir.
Me parler.
M’inviter.
M’offrir.
Me sourire.
On ne reste pas indifférent à ce peuple.
A ces gens.
Qui vous regardent.
Parfois avec amusement.
Parfois avec intérêt.
Parfois avec plaisir.
Parfois avec envie.
Et d’autre fois avec tristesse.
Oui.
Là-bas, ces gens, ces Marjane Satrapi, à chaque coin de rue on les croise.
Ces hommes.
Ces femmes.
Qui rejettent la révolution islamique de la fin des années 70.
Portent sur eux le refus de se plier aux règles de cette révolution.
Discrètement.
Intrinsèquement.
Ces femmes, habillées à l’occidentale, avec leur léger foulard sur les cheveux qui glisse inexorablement vers leur nuque.
A la beauté qui n’est plus à prouver.
Au regard « persan » et charmeur.
Ces hommes, qui viennent vous voir.
Vous parler.
De politique.
De religion.
Et qui crient.
D’être tenus par le gouvernement.
Aucune liberté.
Et lorsqu’ils vous racontent :
«
Tu sais, vous les occidentaux, tout ce que vous racontez dans vos médias au sujet de l’Iran, et bien vous ne vous trompez pas. Tout est vrai…
»
De glace.
On est glacé.
Sept iraniens sur dix sont déprimés.
C’est triste.
Car ils sont tellement intelligents.
Tellement chaleureux.
Tellement ouverts.
Attachés à leur culture.
Le cœur sur la main.
Encore et toujours.
Malgré tout.
Je rencontrerai Heidar.
A peine vingt ans.
Sous le calme apparent de ce garçon se cachait de la colère.
Heidar était monstrueusement cultivé.
Il parlait le français.
L’anglais.
Friand d’histoires occidentales.
Il n’avait qu’une idée en tête.
Fuir l’Iran.
Il voulait être journaliste.
Et je le revois.
Me raconter son histoire.
La sienne.
Celle de sa famille.
De son oncle emprisonné.
Et sa colère.
Colère envers son gouvernement.
Qui tient les rênes de tout son peuple.
Oui.
Seulement quelques personnes tiennent un peuple tout entier.
C’est bien ça le plus triste.
Heidar, c’est sa détresse qui m’a marqué.
Ce sont ces personnes que l’on croise.
Qui nous apprennent de nouvelles choses.
Avec du plaisir, de l’envie.
En Mauritanie, j’avais appris que.
« La connaissance est une fortune qui n’appauvrit pas celui qui en offre ».
Ici, en Iran, ces gens prennent plaisir à partager cette fortune.
Ca se voit.
Ca se sent.
Et ils n’en sont pas avares.
Et restent intègres.
Et humbles.
Alors là-bas.
On savoure.
De se promener dans les rues de Shiraz, au sud, dans ses allées parsemées de roses, à l’atmosphère douce et se savoir à quelques kilomètres de Persepolis.
De ne croiser quasiment aucun occidental.
Dépaysement total.
De découvrir la place de l’Imam d’Ispahan et d’y faire des rencontres extraordinaires.
De se faire prendre en photo par trois iraniennes amusées qui voudront tout savoir sur nos modes de rencontres hommes/femmes chez nous, en occident.
De déambuler dans les rues si bruyantes et animées de Téhéran.
De jouer à se faire peur, en prenant un bus à la gare routière d’Ispahan à 23 heures, là où deux mois auparavant un touriste français s’est pris une balle dans la tête.
D’écouter des heures entières les iraniens revendiquer haut et fort leur identité perse.
Et non arabe.
De se délecter des saveurs de mets iraniens.
D’aimer surprendre un jeune couple se prendre la main en se cachant de regards inquisiteurs.
De découvrir une pancarte Ikéa alors que trois jours auparavant on était en Suède.
De ressentir combien les moments passés ici complètement isolées, il y a quelques années, durent être affreux pour des personnes comme Betty Mahmoudi.
De se faire chérir par les gérants d’auberges.
De rencontrer un ou deux autres occidentaux, la tête retournée également par ce pays et ses richesses.
De s’enfoncer de plus en plus dans le cœur du pays et voir davantage de visages s’ouvrir.
Et de marcher.
Marcher.
Et encore marcher.
De jour.
Comme de nuit.
A la recherche d’authenticité.
De perte de repères.
D’être balancé.
Amusé.
Paumé.
Lâché.
Libre.
Mais pas eux.
Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0)
23 juillet 2008
Solidarité sud-américaine
«
- Chef, nous devons recruter expressément !
- Quoi ?? Comment oses-tu ! Comment oses-tu me déranger en pleine séance de suivi de retrouvailles en salle de débarquement de l'aéroport de Kuala Lumpur entre une jeune expatriée chilienne et son fiancé brésilien?
- Chef, il y a vraiment urgence ! le contrat du chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine » arrive à son terme.
- Mais il nous emmerde lui! Laisse-moi en paix au moins deux minutes! Et puis de toute manière, ça fera du bien pour tout le monde ça! Et là, j'ai une séance d'étreinte vieille de plus de six mois à suivre!
- Bon, très bien. Mais vous savez ce que ça veut dire !
- Oui oui, je sais! Prépare moi les CV, et file, et ne me dérange plus! Je m'occuperai de ça plus tard! Ah mais!
»
Dieu marmonnait dans sa barbe blanche.
Oui.
Il était à la tête de la plus grande entreprise n'ayant jamais existé.
La vie.
Il manageait des millions de chefs de projets.
Ces derniers étaient chargés, à chaque instant, de provoquer ce dont pourquoi ils avaient été recrutés.
Le rythme était dur.
Du coup, il constatait un énorme turnover auprès de ses chefs de projets.
Ils devaient, chaque seconde, dans le monde, s'attacher à leur mission.
Toute personne.
Toute couleur.
Tout pays.
Tous âges.
Le chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine » n'avait pu tenir que quelques jours.
Les millions de disputes avaient eu raison de lui.
Dix disputes par centième de secondes.
Le rythme était trop effréné.
Et tous, enviaient certains postes.
Dont le chef de projet « biiiiip censuré ».
Et puis le chef de projet « Bébés ».
Oui, lui, il avait la belle vie, car chaque seconde, il donnait la vie.
Chaque seconde... ce qui restait néanmoins un rythme de fonctionnaire paradisiaque.
Les séances de retrouvailles, d'étreintes, étaient celles qu'il préférait entre toutes.
Bien sûr, sa fonction de chef suprême lui imposait parfois d'assister à des séances de cyclones.
De tremblements de terres.
De guerres.
D'éruptions.
D’épidémies.
Entre autres.
Il devait aussi y assister.
C’était le jeu.
Car.
C'était aussi dans son contrat.
A lui.
Mais cette séance de retrouvailles entre la chilienne et le brésilien lui tenait particulièrement à coeur.
Tous ses chefs de projets mêlés à cette histoire avaient bien travaillé.
Il en était content.
Fier.
Le chef de projet « Communication épistolaire » s'était démené.
Le chef de projet « Téléphone en panne » fut brillant par moments.
Le chef de projet « Larmes » s'est surpassé.
Le chef de projet « Souvenirs », comme à son habitude, s'est accroché.
Le chef de projet « Je pète un plomb » s'est fait remarquer.
Le chef de projet « Avion raté » n'a pas manqué une miette.
Et.
Le chef de projet « Retrouvailles » a su manager tout ce petit monde avec brio.
Clap Clap Clap.
Bravo.
Dieu applaudissait.
Il souriait.
Touchait sa longue barbe, signe de plaisir.
De voir ces deux jeunes petits se retrouver.
Avant de se re-séparer.
Oui.
Car le chef de projet « Ecoute je me plais ici, va falloir décider, et puis j'ai changé » fera des siennes.
Mais plus tard.
Laissons-les un peu respirer quand même.
Séparés si longtemps!
Dieu était content.
De si belles étreintes.
Qu'il en avait oublié son chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine ».
L'espace de quelques secondes.
Juste le temps d'assister à cette scène.
Oui.
Grâce à notre chilienne et notre brésilien, ce sont bien vingt-neuf secondes de passées sans chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine ».
Dix à chaque centième.
Mille à chaque seconde.
Vingt-neuf mille disputes annulées.
Et parmi ces vingt-neuf mille, la probabilité est que un pour cent ait été cruciale.
C'est à dire deux cent quatre-vingt-dix disputes qui auraient mal tourné.
Donc deux cent quatre-vingt-dix drames évités.
Donc deux cent quatre-vingt-dix familles toujours ensemble. Réunies.
Si nous rapportons alors cela à notre France.
Notre planète compte sept milliards de personnes.
Notre France compte soixante millions de personnes.
Pour deux cent quatre-vingt-dix drames évités dans le monde.
Donc deux virgule cinq familles françaises concernées.
Donc deux familles normales.
Et puis une monoparentale.
Chef de projet « Statistiques et prises de tête » :
- C'est bon Maxime, ton calcul tient la route pour l'instant.
Merci.
Et sans doute, que vous, moi, via les racines de nos réseaux étendus, connaissons-nous au moins une de ces familles?
Regardez:
Puisque nous nous « connaissons » tous via les réseaux sociaux tentaculaires du type Facebook.
Et puisque l'adage est « l'ami de mon ami est mon ami » ou plutôt, aurait tendance aujourd'hui à être « je cherche à ce que l'amiE de mon ami devienne mon amiE ».
Chef de projet « Je nique poke via Facebook »:
- Ah ah, plutôt perspicace le Maxime!
Donc, nul doute que l'un d'entre nous ait connaissance d'une de ces familles.
Alors toi.
Ou vous.
Si je te vouvoie.
Vous, qui connaissez une de ces familles, tu es chargé d'une mission auprès d'elle.
Oui.
Tu vas dire à cette famille de retrouver la chilienne et notre ami brésilien.
Et vite.
Avant que notre chilienne ne se fasse emmerder par le chef de projet « Ecoute je me plais ici, va falloir décider, et puis j'ai changé » et que tout ça soit effacé, n’ait pas lieu.
Oui, il est encore temps.
Alors vous faites ce que tu veux :
Tu prends.
Un papier et un stylo.
Un clavier et un écran.
Un billet et un avion.
Et vous contactez notre chilienne pour éviter qu'elle ne fasse une bêtise.
Chef de projet « Causes perdues »:
- Héhé... Oui oui, c’est ça...
Ah mais !
Chef de projet « Causes perdues », tu as déjà assez affaire avec Mélanie.
Alors laisse-nous deux minutes, tu seras mignon.
Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0)
21 juillet 2008
What else?
Doit-on obéir?
Suivre une règle?
Un comportement?
Comment s'occupe-t-on?
Y a-t-il des formes pré-définies d'occupations?
Et celui qui pense.
Oui, celui qui pense éternellement, lui, s'occupe-t-il?
Est-ce que penser est s'occuper?
Je suis direction Genève
Voiture dix-sept.
Mais pas de bol.
Un groupe de jeunes est là aussi.
« Camps Jeunes ».
De huit.
A douze ans.
Turbulents.
Ils hurlent.
Et ça se lit.
Dans leurs yeux.
Sur leur visage.
Qu'ils ne sont pas du seizième.
Et puis.
Il y a Georges Clooney.
Enfin son sosie.
Face à moi.
Le même regard.
La même élégance.
Le même poivre.
Le même sel.
Mais pas le même.
Nom.
La monitrice délaisse l'espace de quelques secondes son attention de ses loulous.
Une fois. Deux fois. Trois fois.
Je ne compterai plus.
Sans doute espère-t-elle que ses yeux de biche soient chassés par ceux de Georges.
Clooney.
Et non Guy.
Sans doute.
Je le prendrai en flagrant délit.
Lui.
A deux reprises.
Elle, elle occupe.
Son attention.
Double attention.
De ses loulous.
De son Georges.
C'est connu, les femmes maîtrisent le multitâches.
Georges, lui, il macbooktise.
Que fait-il?
Je ne sais.
Alors forcément, je m'imagine.
Qu'il fait un compte-rendu de réunion sur l'activité d'une entreprise de caoutchouc.
Ou.
Qu'il regarde un DVD de OuiOui.
Ou.
Qu'il ré-organise ses fichiers.
Ou.
Qu'il fait un Super Sudoku.
Ou.
Qu'il regarde les photos de ses dernières vacances à La Bourboule où il a voulu régénérer son capital soleil.
Ou.
Que sa machine est éteinte et qu'il se regarde dans le reflet de l'écran pour vérifier son grain de peau et être au top quand la monitrice le dévisagera pour la vingt-deuxième fois.
Quant à moi, j'observe.
Elle.
Lui.
Et puis elle, cette dame là.
A côté de moi, qui ne lâche pas ses mots fléchés.
Et qui m'a lancé des yeux noirs lorsque je lui ai dit que paratonnerre prenait deux « r ».
N'empêche que.
Elle a effacé.
Quant à moi, j'écoute.
Deux petits loulous derrière moi.
Ils ne se connaissaient pas.
Et désormais, se connaissent.
Oui, l'un a proposé un chewing-gum à l'autre.
Et il y a eu ces répliques, à la suite.
Sorties sur un air détaché.
«
- Eh, regarde, y'a des nuages!
- C'est quoi des nuages?
- De la fumée
»
Et puis surtout.
«
- T'as un père toi?
- Non. Juste une maman. Mon père j'le vois pas. Ma mère c'est le soleil, mon père la nuit.
»
Huit ans.
Pas plus.
Le sans père.
Quant à moi, je ne fais rien.
Matériellement.
Oui, mes mains ne sont pas occupées.
A ce moment.
Alors serait-ce donc ça, être occupé?
Etre occupé serait-ce être réduit à avoir les mains occupées?
Réfléchissons.
Si vous êtes occupés, c'est donc que vous faîtes quelque chose.
Avec vos mains.
Lire?
C'est être occupé.
Des yeux.
Et des mains, à tourner les pages.
Oui mais non.
Car regarder la télévision, c'est être occupé.
Avoir l'esprit occupé.
Donc.
Réfléchir.
Penser.
Avoir l'esprit occupé, c'est être occupé.
Mais si on me demande ce que j'ai fait tel jour.
Et que je réponde que j'ai réfléchi à l'ombre d'un poirier du jardin Catherine Labouré.
Alors on me rétorquera que j'ai glandé.
Alors oui.
C'est injuste.
Car je préfère attraper un « Ma mère c'est le soleil, mon père la nuit » plutôt que d'écrire paratonnerre avec un seul « r » et foutre en l'air une grille de mots fléchés.
Et qu'y a-t-il de mieux?
Penser ou s'activer?
L'un est-il mieux que l'autre?
L'un est-il mieux vu que l'autre?
Quoiqu'il en soit.
J'ai.
Observé.
Ecouté.
Et écrit.
Mais en cachette.
Taille six.
Et couleur verte.
Oui, la monitrice a beau avoir des yeux de biche, les miens sont de chat.
Pour ne pas que ma voisine ne me lise.
Qu'elle reste concentrée sur son paratonneRe.
Car je n'aime pas que des intéressés lisent ce que j'écris.
Sur eux.
Normal.
Oui oui voisine, j'ai écrit sur vous.
Vous et votre regard noir.
- Je prends des risques là -
Vous et votre silhouette de Karen Mulder.
Avec non loin d'un demi quintal supplémentaire.
Bref.
Finalement.
En y repensant, j'étais occupé.
«
- Wé Max, TT OQP!
- Kévin?? Encore toi? Fous-moi le camp! Allez!! Pas vrai d'voir ça!! Non mais!
»

Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0)
04 juillet 2008
Mélanie est une coquine
Mélanie est heureuse.
Enfin.
Elle a récupéré son bol breton en faïence bleu et blanc avec Mélanie d’écrit.
Elle en rêvait depuis toute petite.
Elle va enfin pouvoir.
Boire son Nesquik dans son bol breton Mélanie.
Oui.
Mélanie, aujourd’hui, elle est heureuse.
Car elle n’aimait pas.
Boire son Nesquik dans un bol breton Jacqueline en faïence bleu et blanc.
Mélanie.
Et je ne parle pas du Viandox.
Il n’avait pas le même goût, le Nesquik.
Il n’avait pas le même goût non plus, le Viandox.
Dans un bol breton Jacqueline en faïence bleu et blanc.
Mais Mélanie, c’est avec Henri qu’elle aimerait partager son Nesquik.
Et son Viandox.
Quand elle l’a vu, elle aurait voulu lui offrir.
Un bol breton en faïence bleu et blanc avec Henri d’écrit.
Faut dire, il était élégant, Henri.
Courtois.
Gentil.
Poli.
Lui.
Et tout s’est passé comme ça.
Mélanie rentre de Saint-Malo.
Mélanie est heureuse.
Car.
Mélanie a son bol breton en faïence bleu et blanc avec Mélanie d’écrit.
Déjà.
Et puis.
Et puis Mélanie devait rentrer chez elle.
Installer son bol breton en faïence bleu et blanc avec Mélanie d’écrit.
Donc.
Mélanie prend le train.
Saint-Malo.
Paris.
Tout le monde descend.
Même vous mademoiselle Mélanie.
Oui, vous.
Vous et votre bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
Allez. Hop.
On descend. Et plus vite.
Oui, car il faut se dépêcher.
Le train pour Orléans n’attendra pas.
Mélanie avec son bol breton en faïence bleu et blanc avec Mélanie d’écrit.
Alors Mélanie court.
Court.
Court.
Alors ils arrivent à gare d’Austerlitz.
Mélanie.
Et son bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
Le train part dans vingt-trois secondes.
Mélanie court.
Mélanie a chaud.
Mélanie a très chaud.
Mais Mélanie est une coquine.
Oui.
Mélanie a oublié de prendre son billet.
Pas le temps.
Le train part dans seize secondes.
In extremis, ils réussissent à se faufiler dans un wagon.
Mélanie.
Et son bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
Depuis deux secondes, le train est parti.
Avec eux.
Mélanie.
Son bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
Sa chaleur ruisselante.
Sans lui.
Le billet.
Mais voilà.
C’était sans compter sur lui.
Henri.
Qui n’a pas de bol breton en faïence bleu et blanc Henri.
«
Et merde ! Encore une fois j’vais me faire avoir ! Vais encore tomber sur un gros connard. Mais il est beau ce con en plus !
- Je suis désolée, je n’ai pas eu le temps de prendre de billet !
Si je vous dis que vous êtes aussi beau que des escarpins Mark Jacobs, vous pouvez faire quelque chose ?
Bon, comment vais-je la gérer cette petite mignonne…
- Je sais, je vous ai vu courir.
Y’a peut-être moyen que j’me l’envoie vite fait entre deux wagons si je lui fais une faveur.
- Installez-vous dans le wagon 1ère classe, je vous en prie, il n’y a personne, nous vous y serez plus à l’aise.
Courtois en plus. Ou bien c’est parce que je pue trop d’avoir couru et qu’il ne veut pas que j’emmerde les autres passagers avec mes odeurs ??
- Merci beaucoup, vous êtes très gentil.
Quel sourire il a ! Et ces yeux!! Mazeeeeeette !!
Bon, comment s’y prendre alors…
- Ecoutez, ça va aller pour cette fois-ci. Mais gardez-le pour vous.
Bon, si elle ne me saute pas dessus direct après ça, je n’connais plus rien aux nanas. Celle de tout à l’heure m’avait déjà sauté dessus au bout d’une minute !!
Il est gentil en plus !!!
- Vous voulez dire que vous ne me verbalisez pas et que je peux rester ici, en 1ère ?
Il a de ces yeux !!! Waouh !!
Allez fonce mon gars c'est le moment!
- Oui, vous pouvez rester ici. Mais bon, maintenant, que nous sommes tranquilles, à l’aise, passons aux choses sérieuses si vous voulez bien…
Oula !! Mais c’est qu’il a l’air chaud bouillant du slip en plus ce petit !! Lui, à mon avis, il veut voir autre chose que mon bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
- …
»
Non.
Mélanie est une coquine, oui.
Mais Henri n’est pas un coquin.
Je rectifie.
Mélanie est une coquine, parfois.
Et tout ne s’est pas passé comme cela.
En fin de compte.
Je suis mauvaise langue.
Henri, charmé, mais qui n’a pas de bol breton en faïence bleu et blanc Henri, lui a proposé de s’installer en 1ère.
Oui.
Et avec courtoisie.
Et surtout.
De ne pas la verbaliser.
Mélanie, charmée, a doublement accepté.
Et puis.
Et puis, Mélanie et Henri ont parlé.
Trois.
Quatre.
Voire cinq minutes.
Mélanie était rouge.
Henri était rouge.
Mais il s’est passé un drame.
Mélanie et Henri ont discuté.
Mélanie et Henri se sont plus.
Mais Henri n’a rien demandé à Mélanie.
Henri a oublié.
Et Mélanie n’a rien demandé à Henri.
Mélanie a oublié.
Leurs rougeurs l’ont emporté.
Ils se sont quittés.
Sur des tons de tomates siciliennes.
Mélanie est rentrée chez elle.
Mélanie a enfin pu boire.
Son Viandox dans un bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
Mais Mélanie est triste.
Mélanie s’en veut.
De ne pas avoir osé demandé à Henri son numéro.
Alors Mélanie va s’en référer à une formidable entité pensante aux extraordinaires capacités.
Oui.
Nous nommerons cette entité M_x___.
Cette entité est d’ailleurs un exemple même de modestie.
Après un long entretien avec M_x___, Mélanie reprend espoir.
Un jour, de pouvoir offrir à Henri un bol breton en faïence bleu et blanc Henri.
Car Mélanie aura trouvé le moyen, un jour.
De recroiser Henri dans les couloirs du train Paris Orléans.
Sans que lui ne l’ait reconnue.
Une règle : l’assurance.
Courage à deux mains.
Vingt-deux de tension.
Cœur à la chamade.
Se diriger vers lui.
Bafouille interdite.
Péter un coup.
Une occasion.
Gorge serrée.
Lui reparler.
L’occasion.
Ou jamais.
On y croit.
Mélanie.
Allez.
Zou !
«
Pardon, excusez-moi, mais je suis embêtée.
J’ai rencontré il y a une quinzaine de jours un charmant contrôleur.
Nous avons discuté d’escarpins Mark Jacobs et de bol breton en faïence bleu et blanc.
J’ai beaucoup apprécié.
Mais troublée, j’ai oublié de lui demander son numéro.
Depuis, j’espérai le recroiser.
Dîtes, le connaîtriez-vous ?
»
Oui.
Mélanie est une coquine.
Un peu quand même.
Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0)
17 juin 2008
Lui, demain
Ca m'a fait bizarre.
Ce soir, il avait une voix inhabituelle.
J'ai pensé que quelque chose n'allait pas.
Je n'en étais pas loin.
Il a cette aventure qui sommeille en lui.
Depuis tout petit.
Cette aventure, qui peu à peu s'effaçait.
Sans doute pour son bien.
Mais sans aucun doute, pour le leur.
A eux.
Quatre.
Mais c'est en lui.
Alors.
Je l'imagine déjà.
Demain.
S'envolant.
Lui, parmi ces seuls 700 envoyés.
Quittant nos terres.
Sa terre, à laquelle il est tant attaché.
Tendu.
Et nous.
Tendus.
Demain.
L'avion décollant.
Se demander s'il a fait le bon choix.
Penser.
Ressasser.
Craquer.
Non. Pas craquer, à ce moment-là.
Il a déjà craqué.
Il craquera encore. Plus tard.
Ils seront plusieurs, oui.
Mais il se sentira seul.
Le temps aidera à se sentir moins seul.
A se serrer les coudes.
Entre eux.
C'est une histoire.
Et j'ai envie.
Que belle, elle reste.
Que belle, elle se termine.
Je l'admire.
Mais j'ai peur.
Pas pour lui.
Je connais.
Je le connais.
J'ai peur pour d'autres.
Eux.
Trois.
Alors oui, ils vont être briefés.
Oui, ils vont être suivis.
Oui, ils vont être ensemble.
Oui, ils vont raconter ce qu'ils voient.
Ce qu'ils vivent.
Ce qu'ils ressentent.
Je sais que tout va bien se passer
Mais je n'ai pas envie qu'il y en ait un qui foute tout en l'air.
Un connard.
Juste une seconde.
Si vite arrivée.
J'ai envie qu'il puisse se dire que plus tard, il y reviendra.
J'ai envie qu'il contribue pour que plus tard, moi aussi, j'y traîne ma caméra et mon stylo.
Je le soutiens.
Je les soutiens.
Mais je vais le sentir.
Demain, quand il arrivera.
Demain, quand il verra défiler, avant de se poser,
Cette terre, qui l'accueillera ces quatre prochains mois.
De se dire,
En voyant la montagne ocre, nue et aride s'épaissir,
Les broussailles se multiplier,
Les brumes de chaleur s'installer,
Les vents de poussière s'intensifier,
Qu'il va passer quatre mois là-bas, dans ce monde qui lui est inconnu.
Cette langue qui lui est inconnue.
Ces habitudes qui lui sont inconnues.
Le corps tendu,
D'être si loin des siens.
De se dire,
Quand il sortira de l'appareil, moteurs encore ronronnants,
En posant le premier pied à terre,
Qu'il va falloir être fort.
Que c'est maintenant que tout commence.
Demain.
Car j'ai seulement appris ce soir.
Qu'il partait.
Demain.
Il le savait depuis cinq jours.
Mais il ne m'en a pas averti.
J'aurai pu venir ce dernier week-end.
Mais il ne m'en a pas averti.
Quatre longs mois.
Je suis avec toi.
Mon frère, en Afghanistan.
Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0)
10 juin 2008
Scoopotron
J'ai été sollicité pour participer à un concours.
Ca m'a plu.
Alors hop, j'ai sauté dessus.
Le principe: écrire un billet avec photo ou vidéo à l'appui.
Le thème: l'absurde.
Ca se passe sur le scoopotron.
C'est un concours, et comme j'ai autant de chances de gagner que l'Afghanistan d'organiser un jour les JO, donc si vous pouviez aller y faire un petit tour et cliquer sur les petites étoiles sous la vidéo, ce serait très sympa.
Mon post est ici.
Aaah oui, j'oubliai!! On peut voter tous les jours!!
Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0)
29 mai 2008
Bouche bée
Jamais j’aurais pu m’attendre à une telle chose.
La probabilité était nulle.
Donc, non probable.
Et pourtant.
Je remonte dans le temps.
8 octobre 2005.
Je suis au Tibet.
Au monastère de Samyé.
En haut de ma colline.
Avec mon sage.
Celui-ci.
Un de mes plus beaux souvenirs.
27 mars 2008.
Je suis à Paris.
A écrire cette note.
Dont ça :
«
Alors il s'est approché de moi.
S'est accroupi.
Et s'est assis.
A mes côtés.
Les pieds ballants dans le vide.
Aussi.
»
Je n’avais pas joint d’illustration de cette scène pour la note.
Lui, je ne l’avais pas en photo.
Lui, je ne voulais pas le mettre dans la boîte.
J’avais bien pris une photo du monastère, du haut de cette colline.
Mais.
Mais elle n’aurait pas été en adéquation avec le texte.
J’avais préféré décrire.
Je remonte encore dans le temps.
7 octobre 2005.
Je suis au Tibet.
Ou plutôt, je suis en train de dîner dans une salle faisant office de restaurant du monastère de Samyé.
Nous sommes cinq.
Cinq touristes.
J’ai rejoint quatre trois japonais à leur table, m’invitant à boire de la « Lhasa beer, the beer of the roof of the world ».
Et à manger des yacks burgers.
Je m’en souviens.
Cinq touristes.
Dont elle.
Seule à sa table.
En train de dîner.
En train de lire.
En train d’écrire.
C’est une jeune et belle asiatique, brune aux cheveux longs.
Elle nous regardera.
Nous sourira.
Mais ne se joindra pas à nous.
Elle semblait Sage.
Je m’en souviens.
17 mai 2008.
L'escapade de mai.
Je suis en Jordanie.
Dans une auberge.
J’arrive de Paris.
Je pose mes sacs.
Demande un lit en dortoir.
Monte mon sac dans le dortoir.
Mange un carambar.
Redescends dans le salon.
Lis la blague carambar.
Salue les différentes nationalités présentes.
Une australienne.
Un néerlandais.
Un allemand.
Un irlandais.
Et un Maxime.
Je leur parle de ma passion pour les carambars.
Et malabars.
Et puis.
Et puis, je vois une pile de livre dans une bibliothèque.
Me lève.
Vais la voir.
Il y a le Lonely Planet en anglais sur la Jordanie.
Il y a le Rough Guide de la Jordanie.
Un autre Lonely Planet sur Israël.
Et en dessous, il y avait l’improbable…
Le Guestbook de l’auberge.
Mais avec une illustration sur la couverture.
Et quelle illustration !
Une photo.
D’une asiatique.
De dos.
Prise en photo.
Du petit muret de la colline de mon Sage.
Avec vue sur le monastère de Samyé.
…
Pourrait-ce être l’asiatique que j’avais croisé ce 7 octobre 2005 dans la salle de restaurant du monastère ?
J’aimerai.
Pourquoi retrouvai-je la photo d’un des sites qui m’avait le plus marqué, ici, dans cette auberge Jordanienne, à Amman, un soir de mai 2008 ?
Je pourrais être niais et naïf en affirmant que c’est mon Sage qui me l’a replacée sur mon chemin ce soir-là.
Mais non.
Je ne serai pas affirmatif.
Je continuerai de trouver cela fabuleux.
Laisser une part de hasard…
…ou pas.
Y’a pas à dire.
La vie est bien faite.
Les voyages sont merveilleux et restent le meilleur investissement.
A court.
Et à long terme.
Car sont immatériels.
On investit.
Pour le personnel.
Profitons-en.
Tant que possible.
Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0)
10 avril 2008
Qui vient avec moi pour le prochain?
Alors voici deux grands coups de cœur que j’avais envie de partager depuis longtemps.
Le premier.
Rien à dire : il est frais, vivant, rigolo, complice, enviable à souhait...
L’idée et l’état d’esprit sont excellents.
Le second.
Plus technique : des photos assemblées donnant l’impression que les deux loulous volent.
Une très bonne idée autour d’une bonne complicité.
Fil conducteur de leur tour du monde : tirer et faire tirer la langue.
Elles sont extras et très créatives toutes les deux, mais j’ai une préférence...
Et vous ?
Publié dans des histoires de voyages | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0)


































